Roueïre
Centre d’Arts & du Patrimoine
Depuis 2019, le Domaine de Roueïre accueille des expositions in situ et hors-les-murs organisées dans le cadre de la saison culturelle Sud-Hérault. À compter de 2025, après une vaste campagne de travaux, Roueïre s’inscrit désormais dans l’intention de faire rencontrer le patrimoine historique et la création artistique actuelle dans un seul et même lieu. Le Domaine de Roueïre devient ainsi Roueïre, Centre d’Arts & du Patrimoine.
Ce nouvel espace s’articule en plusieurs pôles et actions à destination du public tels que des expositions, des actions artistiques, un service éducatif, un pôle patrimoine mais aussi un centre de documentation et de consultation disposant d’une bibliothèque spécialisée dans l’histoire, le patrimoine et l’art.
Les expositions sont dédiées à la création contemporaine, que ce soit par la peinture, la photographie ou encore par les installations. Elles sont pensées pour questionner l’évolution de l’art et créent un lien entre passé, présent et futur. Elles sont également accompagnées d’une programmation dirigée par le service des actions artistiques de Sud-Hérault qui comprend des visites, des ateliers d’arts plastiques, des stages de vacances et bien d’autres activités.
Le pôle patrimoine propose quant à lui différents projets, notamment l’organisation de conférences, de journées patrimoniales avec thématiques riches et variées (la paléontologie, le patrimoine naturel, la biodiversité, etc.), des visites ou encore des expositions patrimoniales. La mission principale de ce pôle est de préserver et de valoriser le patrimoine du territoire.




Histoire d’un nom qui fait identité
Roueïre est un toponyme dérivé de l’occitan « rovèira » qui signifie originellement « chêne blanc ». L’orthographe de Roueïre a changé à plusieurs reprises au court de l’histoire. La plus ancienne mention trouvée lors de nos recherches est celle de la carte de Cassini dont la section date de 1776-1777 et y mentionne Rouere. Au XIXe siècle, on retrouve plusieurs orthographes du mot : Rouyere, Roueyre et même déjà Roueïre. Aujourd’hui, la forme est fixée sur Roueïre, même si des erreurs d’orthographe persistent avec notamment l’inversement du « e » et du « ï » sur certains éléments de signalisation. Nous avons décidé de donner à cet élément à priori complexe une force positive et distinctive en jouant avec ses particularités.
Sa prononciation, unique et caractéristique, inscrit ce mot au cœur de son territoire. Il se définit tel un logotype, au sens grec du mot logos qui signifie « mot » ou « discours » et typos qui signifie « empreinte » ou « forme ». Il invite à celui qui le prononce de rouler les « R » et à signifier et affirmer l’identité du lieu. Véritable marqueur d’identité, son tréma lui confère également une richesse sonore et une distinction que nul autre mot ne saurait revendiquer.






Écrire l’histoire du lieu, un pont entre passé et avenir
En prenant le temps d’explorer le Domaine de Roueïre à travers son architecture et les singularités qui le composent, il est possible de révéler de nombreuses traces du passé, véritables témoins de l’histoire du lieu et de ses multiples occupants au fil des ans. Les traces inscrites volontairement prennent la forme de textes, de mots écrits, gravés mais encore d’informations peintes à la main à l’aide de pochoirs.
Au XIXe et XXe siècle, le pochoir s’est imposé comme un outil incontournable, notamment dans l’univers de l’artisanat et du vin. Pratique et fonctionnel, il permet d’inscrire des informations essentielles pour les vignerons : la contenance des cuves, la signalisation des caves ou encore la numérotation des productions et des outils.
Cet outil d’écriture présente de nombreux atouts, il est économique, durable, esthétique, facile à réaliser, populaire et surtout facilement reconnaissable par le grand public. Permettant une approche artisanale, fait main, assistée par une plaque et différentes techniques (peinture, crayon, stylo, craie, etc.), il permet de composer des mots au style graphique unique, marqués par les ponts qui rythment chacune des lettres.
En nous focalisant sur ces traces laissées avec le pochoir, et en adoptant une typographie dite « stencil » au cœur de cette nouvelle identité visuelle, nous avons souhaité évoquer les ponts qu’elle tisse dans sa composition. Un pont entre les générations, entre nature et culture, entre passé et avenir, entre patrimoine et art, sur l’ensemble du territoire et bien au-delà.

L’utilisation du stencil évoque le passé viticole du domaine, lieu où les foudres de vin étaient traditionnellement marqués avec l’utilisation d’un pochoir. Il fait aussi écho à l’idée de traces, comme celles des nombreux passages humains que Roueïre a pu observer au cours de sa longue histoire.

La forme même du stencil, caractérisée par des ponts qui permettent à la lettre de conserver sa contre-forme lors de sa découpe sur un pochoir, donne forme aux liens qui existent entre Roueïre et le territoire sur lequel il s’inscrit, ainsi que la relation qu’il entretien avec les autres lieux de Sud-Hérault.

Créant une véritable singularité stylistique dans le bloc typographique du logotype, le tréma présent sur la lettre « ï » agit tel un marqueur d’identité du lieu. Évoquant les tonneaux autrefois présent dans la cave ou encore une paire d’yeux, ils deviennent un véritable signe et sigle d’identification et de narration.
Une identité visuelle qui créé du lien
Cette identité visuelle revendique différentes intentions qui s’expriment sous la forme de trois concepts.
En premier lieu, il y a la nécessité « d’identifier », en incarnant le lieu à travers ses signes graphiques tel que le logotype, la typographie, le sigle. Dans la continuité, il y a la volonté de « narrer », en contant l’histoire passée et à venir du lieu, en évoquant le pochoir, les tonneaux, les paysages, etc. Enfin, elle souhaite « tisser » du lien en créant du lien entre les générations, entre nature et culture, entre art et patrimoine, etc. Elle a pour ambition de représenter et d’incarner le lieu dans toute sa pluralité et sous toutes ses formes.
Le pont entre ces concepts clés prend également forme avec le trémaïre, double forme circulaire inspirée du tréma présent dans le mot « Roueïre », dans lequel viennent s’inscrire les blocs textes en stencil. Le trémaïre s’affranchit des contraintes et permet une lisibilité optimale, tout en se présentant comme fort et facilement reconnaissable. Par sa forme, il évoque d’abord les foudres entreposés dans cet ancien domaine, mais ces deux cercles peuvent s’interpréter de mille façons différentes : une paire d’yeux pour les curieux, les roues d’un vélo pour les aficionados de Camin’Art, des planètes pour ceux qui ont la tête dans les étoiles, mais aussi le lien qui se tisse, point par point, entre Roueïre et son public.
Le logotype existe en deux versions : une première avec une approche purement typographique qui peut être utilisée lorsqu’il y a des contraintes par rapport au support ou à la taille, et une seconde, la principale, où le bloc typographique est scindé et vient vivre à l’intérieur des cercles du trémaïre. Ces versions possèdent toutes deux une alternative avec la mention « Sud-Hérault » sous la baseline.



Des couleurs à l’image du territoire
La palette chromatique, volontairement intense est lumineuse, fait référence au contexte dans lequel s’inscrit Roueïre. Elle créé du lien avec l’histoire du lieu, celle de ses occupants, mais également la culture de la vigne et les paysages environnants. Les couleurs sont envisagées pour vivre en binôme afin de venir souligner, tout comme le trémaïre, la polarité du lieu sur de nombreux thèmes.
Avec le orange, on incarne la chaleur des rencontres et du partage témoignant des échanges humains vécus au domaine. Le rose évoque l’enfance et l’imaginaire, renforçant la connexion et le rôle pédagogique du domaine, tout en rappelant la vigne et l’ancienne fonction viticole de Roueïre. Le vert et le bleu ciel évoquent quant à eux les couleurs naturelles du territoire, reflétant son paysage et sa nature, éléments essentiels du lieu.
La communication peut être envisagée avec un habillage qui utilise principalement de l’image. Cette iconographie peut être déployée sur la base de photographies travaillées en noir et blanc et produites en y appliquant un filtre de couleur et un effet graphique tramé. L’objectif est d’habiller les supports, de souligner l’importance du dialogue entre texte et image dans la communication et d’amener une iconographie facilement identifiable.








Laisser sa trace
Une série d’illustration représentant les lieux patrimoniaux et d’attractivités de Sud-Hérault (tels que les églises, les châteaux, etc) a été conçue pour une utilisation en cartographie, notamment pour les Journées Européennes du Patrimoine, en reprenant le concept du pochoir et entretenant une cohérence stylistique avec la typographie « Halvar Stencil ».
En plus de son importance dans le déploiement de l’identité visuelle, le pochoir peut aussi être imaginé comme un véritable outil graphique et de partage dont l’utilisation peut s’étendre, notamment, dans le cadre d’ateliers organisés par l’équipe de Roueïre.
L’outil permet ainsi au public de se réapproprier l’identité, et par son intermédiaire le lieu et son histoire, en proposant la création de son propre message qu’il est possible de reproduire facilement, sur un support au choix : sol, mur, carton, tissus, etc.




Tous les chemins mènent à Roueïre
L’identité visuelle prend également forme à travers la création d’un système de signalétique et d’orientation du public. Ce système s’articule lui aussi à partir de « Halvar Stencil » et de l’outil « pochoir » qu’il est possible d’appliquer de façon artisanale (peinture) autant qu’avec les dernières technologies (adhésif et impression). Le pochoir, utilisé ici en tant qu’outil de signalétique, donne du sens à la découverte du lieu.
Élément central de l’identité visuelle, le pochoir devient un objet graphique, une image à part entière à composer dans l’habillage des supports de communication. Le pochoir sert de support à la typographie qui peut y être découpée. Il est à la fois un élément graphique décoratif et un objet transmettant une information, revêtant ainsi une double fonction.
Les pictogrammes, conçus spécialement pour Roueïre, ont pour objectif de définir un style graphique qui soit en harmonie avec les autres signes graphiques en usage, à savoir le « stencil » et l’usage de « ponts » qui rythment chaque objet graphique. Les pictogrammes sont dessinés au filet en version avec ou sans cercle définissant l’espace d’application. L’une des deux versions est au choix en fonction des contraintes imposées par le support, notamment la lisibilité.
Dans la lignée des pochoirs réalisés à destination du public, nous avons décidé de concevoir un normographe à destination, cette fois-ci, du personnel. Contenant toutes les lettres de l’alphabet composées en « Halvar Stencil », accompagnées d’accents et de points de ponctuations, il permet à l’équipe de Roueïre d’inscrire au feutre la programmation du Centre d’Arts & du Patrimoine sur un tableau blanc prévu à cet effet.










Écrire, tracer et partager
Un système graphique et de mise en page a été conçu pour répondre aux différents enjeux de communication. Il ne s’agit pas d’imposer une homogénéité rigide sur chaque support mais bien de faire vivre l’identité visuelle de manière cohérente.
Ainsi, le principe du pochoir est conservé sur les supports de communication et peut vivre de deux manières, selon les besoins : un bandeau coloré avec une hauteur modulable vient toujours s’inscrire en bas de page, et peut venir dialoguer soit avec un bloc texte inscrit en « Halvar Stencil » directement sur l’iconographie traitée en fond, soit avec un calque qui vient comme jouer le rôle de pochoir et se pose sur l’iconographie et le bandeau (sur lequel le message vient également vivre en stencil). Le plus souvent, le bloc texte est géré avec des paragraphes justifiés, seules les dates viennent s’aligner à gauche puis à droite au retour à la ligne pour venir rappeler l’alignement de la baseline du logotype qui « fait lien » entre les marges du support.
Ce système graphique permet de créer plusieurs modèles de compositions avec une grande souplesse et en évitant une répétition monotone de la communication.
L’édition permet de pousser ce système graphique jusqu’au bout du principe en proposant de véritablement découper les lettres en stencil, et d’inviter alors l’utilisateur à se réapproprier l’objet en l’utilisant comme un véritable outil d’écriture.











Un lien qui se tisse, point par point
Pour donner à voir la complexité d’une telle mission, nous avons composé une cartographie qui vient synthétiser le projet à travers les liens qui se tissent entre les différentes notions fondamentales explorées à travers tout le processus de recherche et de création.








