L’œuvre in situ de Daniel Buren au MRAC de Sérignan

Depuis son ouverture, le MRAC nous intrigue de part sa façade colorée au graphisme épuré mais si efficace : des lignes blanches, des formes géométriques aux couleurs primaires, le tout formant une parfaite harmonie… Situé non loin du studio Asensò, nous avons poussé la porte maintes et maintes fois de ce lieu si atypique totalement intégré dans un village qui n’était pourtant pas promit à devenir un lieu dédié à l’art et à la culture. Nous nous intéressons ici au travail effectué in situ par Daniel Buren, artiste qui a habillé ce lieu devenu désormais emblématique de la ville Sérignan.

En 1965, Daniel Buren met au point son outil visuel : des bandes verticales alternées blanches et colorées de 8,7 cm de largeur, répétant ses rayures à l’infini et sur tous les supports. Le choix d’un motif fabriqué industriellement répond à son désir d’objectivité. En 1966, Daniel Buren s’associe avec les peintres Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni, avec lesquels il organise des manifestations très controversées, créant le groupe BMPT. Ce qui lie BMPT est la pratique commune de la répétition systématique d’un même motif, ainsi que la volonté de s’opposer radicalement à la scène artistique parisienne, très académique. Ce travail est l’occasion d’examiner non plus seulement les limites physiques de la peinture, mais également les frontières politiques et sociales du monde de l’art. Se posant toujours en théoricien de son propre travail, Buren accompagne toutes ses installations d’un descriptif, de notes explicatives : de l’emploi dans les premières toiles d’un tissu industriel constitué de bandes égales et verticales blanches, à l’utilisation de ce tissu comme lieu de l’inscription de la peinture, à la peinture comme non-lieu.

Buren met très vite au point le concept de travail in situ, c’est-à-dire d’une intervention artistique intrinsèquement liée au lieu dans lequel le travail est programmé et réalisé. Il procède toujours à une analyse du lieu en révélant ces particularités les plus significatives et les moins visibles. Buren parle lui-même d’instrument pour voir, car paradoxalement, en se limitant à un motif unique, il parvient à un élargissement du champ visuel du spectateur. L’œuvre révèle le lieu et ce lieu même la rend intransportable et donc éphémère.

Au sein du MRAC, Daniel Buren présente un dispositif in situ qui entretient un dialogue avec l’architecture des lieux. L’artiste tire parti de la transparence et propose un jeu de couleurs et de formes, mis en mouvement dans l’espace par la lumière naturelle. À chaque heure du jour, le public découvre une nouvelle installation. Cette œuvre donne à voir une véritable mise en abyme de l’espace par l’explosion de la couleur. L’impression d’éclatement de l’œuvre, accentuée par les projections sur les murs et le sol, incite le spectateur à un déplacement non plus seulement du regard mais du corps tout entier.

 

Le MRAC est ouvert du mardi au vendredi de 10h00 à 18h00 et le week-end de 13h00 à 18h00.
Fermé le lundi et les jours fériés.
Ouvert à l’année.

Musée régional d’art contemporain
Languedoc-Roussillon
146 avenue de la Plage, Sérignan

Sources : MRAC

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